Rainures /

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" (...) Tu es arrivée. Cela doit être en bas. Une porte est close. Seule la lumière te parvient à travers les rainures. Tu es seule et tu n’as pas de corps. Pas de main au bout du bras pour lever et toquer. Tu n’as plus de corps. Tu fais partie de la masse exaltée de l’air. Tu te sens avancer et traverser la porte. De l’autre côté, c’est le jour. Le jour, mais en noir et blanc. Des vignes. Des vignes courent tout autour de toi comme ça courrait en toi depuis trois nuits. Pas d’allées. Des vignes sauvages. Le vignoble de ton corps. Répandu, luxuriant, désordonné. Tu avances et tu touches un raisin tombé au sol. Tu retrouves doucement la sensation d’une peau. Tu progresses à travers les branchages et t’assieds, protégée, dans un creux de verdure. Il pleut. Il pleut très lentement et tu revois tes mains. Sur tes mains les fines gouttes. Tu rencontres ton corps pour la première fois. Une mèche de tes cheveux. Une mèche de tes cheveux. Une mèche de tes cheveux. Et l’immobilité, pleine, de ton corps-vigne s’endort. Et enfin ne court plus."

Extrait de Corps-Vigne
Manon Payelleville

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Aline Ribière Robe du Japon

dans L'émancipation par l'art de Marie-Jo Bonnet, livret d'exposition

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